Climat: les pays riches doivent payer l'énergie propre des pauvres
Catégorie : Climat
LISBONNE - La lutte contre le changement climatique exige un investissement des pays les plus riches pour permettre aux pays en développement d'avoir accès à une énergie propre, a défendu jeudi l'administrateur du PNUD Kemal Dervis.
"Nous ne pouvons pas demander à l'Inde ou même à la Chine d'accepter de se joindre à la communauté internationale si le coût des mesures d'atténuation (des conséquences des changements climatiques) doit être pris en charge par les Indiens ou les Chinois", a estimé le responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), lors des Journées europénnes du développement, qui se tiennent à Lisbonne jusqu'à vendredi.
"Il faut aider le monde, et en particulier les pays en développement, à pourvoir à leurs besoins en énergie en ayant recours à des technologies différentes", a-t-il estimé.
"L'accès à l'énergie signifie l'accès au développement, et il est très clair que la communauté internationale ne peut pas lutter contre le changement climatique en réduisant l'accès à l'énergie", a-t-il encore dit.
Selon le PNUD, la croissance économique des pays émergents ou en développement nécessitera pour la prochaine décennie un investissement annuel en énergie de 300 milliards de dollars (205 milliards d'euros).
"Ces investissements doivent être faits, ils sont essentiels à la prospérité et aux perspectives d'une grande partie de l'humanité", a-t-il déclaré. "Mais rendre cet investissement +propre+ coûterait, selon certains experts, 10% du total investi, environ 30 milliards de dollars", a-t-il ajouté.
"Les conséquences du changement climatique seront, dans le court terme, très différentes selon la partie du monde où l'on se trouve. Malheureusement, les pays et les peuples les plus vulnérables sont aussi les plus pauvres", a-t-il souligné.
"C'est un phénomène d'une extrême injustice, et il y a là une question de responsabilité historique à laquelle nous ne pouvons pas échapper", a-t-il estimé, rappelant que "70% des gaz à effets de serre déjà émis sont dus à l'activité des pays riches, 28% ont été émis par les pays émergents et seulement 2% par les pays les moins développés".
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